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Bouillante Guadeloupe

Observer les baleines à bosse au large de Bouillante

Observer les baleines à bosse au large de Bouillante

De janvier à avril, les baleines à bosse quittent l'Atlantique Nord pour les eaux chaudes des Antilles, et la côte sous le vent de la Guadeloupe devient l'un des meilleurs postes pour l'observation des baleines. Depuis Bouillante et la plage de Malendure, une sortie en mer de trois à quatre heures suffit pour les approcher, à condition de choisir une excursion respectueuse de la charte Agoa.

Période
de janvier à avril, avec un pic en février et mars pour la baleine à bosse.
Départ
la plage de Malendure, à Bouillante, sur la côte sous le vent de Basse-Terre.
Autres cétacés
cachalots et dauphins, visibles toute l'année au large.
Règle d'or
un opérateur signataire de la charte Agoa, qui coupe le moteur et garde ses distances.

Quelle saison pour voir les baleines en Guadeloupe ?

La saison des baleines en Guadeloupe court de janvier à avril. Les baleines à bosse passent l'été boréal à se nourrir dans les eaux froides de l'Atlantique Nord, du golfe du Maine à l'Islande, puis descendent vers les Caraïbes où elles ne mangent presque pas : elles viennent s'accoupler, mettre bas et allaiter leur baleineau dans des eaux chaudes et calmes. Les premiers individus arrivent parfois dès la fin décembre, les derniers repartent vers la mi-avril.

Cette migration compte parmi les plus longues du règne animal : plusieurs milliers de kilomètres à travers l'océan, parcourus chaque année par des adultes qui jeûnent pendant tout le voyage. La migration ramène souvent les mêmes animaux dans la même zone des Caraïbes, ce qui permet aux chercheurs de reconnaître un adulte d'une saison à l'autre. Une femelle peut revenir avec un bébé de l'année, qui fera sa première migration vers le nord au printemps.

Le cœur de la saison se situe en février et en mars. C'est la période où les mères accompagnées de leur petit sont les plus nombreuses près des côtes, et où l'on entend le mieux le chant des mâles à l'hydrophone. Un séjour en janvier reste intéressant, avec des mers parfois plus formées ; un séjour en avril offre des conditions souvent plus douces, mais moins d'animaux.

Hors saison, une sortie en mer reste possible : les cétacés résidents (cachalots, dauphins, globicéphales) fréquentent la côte sous le vent toute l'année. On parle alors plutôt d'excursion d'observation des cétacés que d'excursion baleines, et c'est cette nuance qu'il faut vérifier au moment de réserver.

Où observer les baleines autour de l'archipel ?

Le meilleur lieu pour observer les baleines en Guadeloupe est la côte sous le vent, la façade ouest de Basse-Terre, de Pointe-Noire à Vieux-Habitants. Les fonds y plongent très vite, à plusieurs centaines de mètres à quelques milles du rivage, et le relief de l'île abrite la mer des alizés. Cette combinaison de grandes profondeurs et d'eau calme attire les cétacés et rend l'observation confortable.

Bouillante occupe le centre de cette côte. La plupart des sorties partent de la plage de Malendure, face aux îlets Pigeon, qui sert aussi de base aux clubs de plongée de la réserve Cousteau. Depuis le bateau, on longe le parc national de la Guadeloupe, dont la forêt descend jusqu'à la mer : le paysage fait partie de l'expérience.

Ailleurs dans l'archipel, les chances sont plus faibles. Les côtes de Grande-Terre sont exposées au vent et les fonds y sont moins profonds près du rivage. Des baleines passent au large de Marie-Galante, des Saintes ou de Petite-Terre, mais les sorties dédiées y sont rares. Pour une première rencontre avec les cétacés, Bouillante reste le point de départ le plus logique, et Deshaies, plus au nord, accueille quelques bateaux de croisière à la journée qui longent la même côte.

Comment se déroule une excursion d'observation ?

Une excursion d'observation des baleines dure en général trois à quatre heures. Le bateau, souvent un catamaran ou une vedette d'une douzaine de places, quitte Malendure le matin, quand la mer est la plus calme. Un briefing présente les espèces, les consignes de sécurité et les règles d'approche avant le départ.

Une fois au large, l'équipage cherche les souffles à l'horizon et écoute parfois les chants à l'hydrophone. Quand un groupe est repéré, le pilote ralentit, se place sur le côté des animaux et coupe le moteur ou le met au neutre. Le temps passé avec une même baleine est limité, pour ne pas peser sur son comportement naturel.

Sur les meilleures sorties, un guide naturaliste commente ce que l'on voit : un souffle, une sonde avec la caudale levée, un saut hors de l'eau, une mère qui se repose en surface avec son baleineau. Certains opérateurs proposent une baignade avec palmes, masque et tuba au retour, près des îlets ou d'un tombant.

Le capitaine reste maître de l'itinéraire : il suit les informations radio des autres bateaux, lit l'état de la mer et décide de prolonger ou d'écourter la croisière. Pour le confort à bord, une place à l'ombre et un bateau stable comptent autant que la vitesse. Beaucoup de passagers filment en vidéo le premier souffle, puis rangent leur téléphone pour vivre l'expérience à l'œil nu : c'est souvent le meilleur souvenir du voyage.

Le taux de rencontre est élevé en pleine saison, mais aucune sortie n'est garantie : la mer reste un milieu naturel. Les opérateurs sérieux le disent avant le départ, et certains proposent une seconde sortie si aucune baleine n'a été vue.

Quelles espèces de cétacés croiser au large de Bouillante ?

La baleine à bosse est la vedette de l'hiver, mais elle n'est pas seule. Une vingtaine d'espèces de mammifères marins ont été recensées dans les eaux des Antilles françaises. Voici celles que l'on croise le plus souvent depuis la côte sous le vent.

EspècePrésenceCe qui la distingue
Baleine à bossejanvier à avrillongues nageoires pectorales, sauts, chant des mâles
Cachalottoute l'annéesouffle oblique, plongées très profondes, groupes familiaux
Dauphin tacheté pantropicaltoute l'annéegrands groupes rapides, joue à l'étrave
Dauphin à long becfréquentvrilles acrobatiques hors de l'eau
Grand dauphintoute l'annéeplus massif, souvent près des côtes
Globicéphaleréguliertête ronde, groupes soudés qui se reposent en surface

Le cachalot mérite une mention particulière : des groupes familiaux résident au large de la Guadeloupe et de la Dominique, et ils sont étudiés depuis des années par les scientifiques. Le voir souffler puis sonder en levant la caudale est souvent le moment le plus fort d'une sortie hors saison.

Côté dauphins, la découverte est presque assurée : un dauphin tacheté qui surfe sur la vague d'étrave, un groupe de dauphins à long bec qui saute en vrille, ou des grands dauphins près des îlets. Pour beaucoup de familles, ces rencontres avec les dauphins sont la première aventure en pleine mer, avant même la baleine.

Comment choisir une excursion respectueuse ?

Le critère principal est l'adhésion à la charte Agoa. Le sanctuaire Agoa, créé en 2010, couvre toute la zone économique exclusive des Antilles françaises et protège les mammifères marins et leur habitat naturel. Sa charte d'approche, signée volontairement par les opérateurs de whale watching, fixe des distances minimales, une vitesse réduite à l'approche, un nombre limité de bateaux autour d'un même groupe et une durée d'observation plafonnée.

Avant de réserver, quelques questions permettent de juger le sérieux d'un prestataire :

  • est-il signataire de la charte Agoa, et l'affiche-t-il clairement ?
  • la sortie est-elle commentée par un guide naturaliste formé aux cétacés ?
  • le groupe reste-t-il de taille raisonnable, pour limiter le bruit à bord ?
  • la baignade avec les baleines est-elle exclue ? Elle est interdite avec les grands cétacés, et un opérateur qui la promet ne respecte pas les règles.

Les sorties en jet ski ou en bateau rapide non encadré sont à éviter : elles s'approchent trop vite et trop près, et dérangent les mères qui allaitent. Les avis de voyageurs aident, mais ils parlent souvent de l'ambiance plus que de la manière d'approcher les animaux. Le respect de la charte reste le meilleur repère. Un professionnel respectueux de l'environnement explique aussi son engagement pour la biodiversité du sanctuaire, sans en faire un argument de vente.

Pollution sonore et trafic maritime : des menaces pour les cétacés

Les baleines communiquent par le son, et le bruit des moteurs couvre leurs échanges. La pollution sonore liée au trafic maritime, aux bateaux de plaisance et aux travaux côtiers est l'une des pressions les plus étudiées dans le sanctuaire Agoa. Les collisions avec les navires sont une autre cause de mortalité, surtout pour les baleineaux qui restent près de la surface.

Des programmes de recherche suivent ces populations dans les Antilles. Le Shelltone Whale Project, une association basée en Guadeloupe, enregistre par exemple le chant des baleines à bosse et photographie les caudales pour identifier les individus d'une année sur l'autre. Chaque passager peut y contribuer à sa façon : une photo nette du dessous de la caudale, transmise aux chercheurs, sert à reconnaître un animal. Les équipes du Shelltone Whale Project publient aussi des enregistrements du chant, qui donnent une idée de ce que l'on peut entendre à l'hydrophone pendant une journée en mer.

Observer les baleines dans de bonnes conditions, c'est donc aussi accepter qu'une sortie se termine plus tôt si les animaux s'éloignent, et préférer un bateau qui coupe son moteur à un bateau qui suit le groupe.

Préparer sa sortie en mer depuis Bouillante

Quelques précautions rendent la sortie plus agréable. La réservation se fait plusieurs jours à l'avance en haute saison, surtout pendant les vacances de février. Le tarif varie selon la durée, la taille du bateau, la présence d'un guide naturaliste et l'option baignade : comparer ce qui est inclus vaut mieux que comparer le prix seul.

Dans le sac marin, prévoir :

  • un coupe-vent léger, car le vent fraîchit au large même par beau temps ;
  • une crème solaire respectueuse du milieu marin, un chapeau et des lunettes de soleil ;
  • de l'eau et un en-cas ;
  • un appareil photo avec un bon zoom, ou des jumelles ;
  • un médicament contre le mal de mer, pris avant l'embarquement pour les personnes sensibles.

Les enfants sont en général acceptés à partir de cinq ou six ans, selon l'opérateur et l'état de la mer. Pour compléter la journée, la côte offre d'autres façons de découvrir la vie marine : l'observation des tortues marines à Malendure se fait en snorkeling depuis la plage, et les amateurs de grand large peuvent combiner leur séjour avec une sortie de pêche sportive au départ de Bouillante.

Bouillante en saison des baleines : ce qu'on vit à terre

Peu de visiteurs le savent, mais les baleines se voient parfois depuis la côte. Par mer calme, en février, des souffles apparaissent au large des points hauts de la côte sous le vent, entre Pointe-Noire et Bouillante. Une paire de jumelles et une heure de patience au lever du jour, depuis un belvédère, suffisent parfois à apercevoir une baleine à bosse sans monter sur un bateau.

La saison des baleines coïncide aussi avec la saison sèche, la plus agréable pour découvrir la Guadeloupe : eaux chaudes, visibilité excellente en plongée, randonnées praticables dans le parc national. C'est une bonne période pour associer une sortie en mer, une plongée dans la réserve Cousteau et un bain dans les sources chaudes de Bouillante. Au fond de la réserve Cousteau, le plongeur rencontre parfois le poisson-lion à Bouillante, espèce venimeuse qui menace le récif.

Baleines à Bouillante : réponses aux doutes avant de réserver

Peut-on nager avec les baleines en Guadeloupe ?

Non. La mise à l'eau près des baleines à bosse et des autres grands cétacés est interdite par la réglementation française sur les mammifères marins protégés. Une baignade est parfois proposée ailleurs pendant la sortie, loin des animaux.

Est-on sûr de voir des baleines pendant la sortie ?

Aucune rencontre n'est garantie : il s'agit d'animaux sauvages en mer. En février et en mars, les chances sont toutefois élevées au large de Bouillante, et des dauphins ou des cachalots sont souvent observés quand les baleines se font attendre.

Quelle est la meilleure heure pour partir ?

Le matin, en général. La mer est plus calme, la lumière plus douce pour la photo et la chaleur moins forte à bord.

Les sorties ont-elles lieu par mauvais temps ?

Non, l'opérateur annule ou reporte la sortie quand les conditions de mer ne permettent pas une observation sûre et confortable. Mieux vaut garder une date de repli dans son séjour.

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