Snorkeling dans la réserve Cousteau : à Bouillante, en Guadeloupe, la randonnée palmée autour des îlets Pigeon montre tortues, coraux et poissons tropicaux à moins de cinq mètres sous la surface. Masque, tuba et palmes suffisent pour découvrir ce site marin protégé, accessible depuis Malendure, à condition de ne jamais toucher le récif. Ceux qui veulent descendre plus bas sans bouteille peuvent s'initier à l'apnée en Guadeloupe.
Trois repères avant de partir
- Deux points de départ dans la réserve Cousteau : la plage de Malendure à Bouillante, le long du bord, ou les îlets Pigeon, rejoints en bateau, en navette ou en kayak de location.
- Tortue imbriquée, poissons tropicaux et jardin de corail se voient sans plongée, dès le premier mètre : la vie marine et la biodiversité des fonds de Guadeloupe sont à portée de masque.
- Le périmètre est un cœur marin du parc national de la Guadeloupe : on ne touche rien, on ne nourrit rien, on ne ramasse rien.
Réserve Cousteau et îlets Pigeon : de quoi parle-t-on ?
Le nom « réserve Cousteau » désigne l'espace marin protégé qui entoure les îlets Pigeon, deux petites îles rocheuses posées face à la plage de Malendure, sur la commune de Bouillante. Le commandant Cousteau y a tourné dans les années 1950 et aurait qualifié le site de l'un des plus beaux au monde pour la plongée : la formule est restée, le nom aussi. Juridiquement, la zone fait aujourd'hui partie du cœur du parc national de la Guadeloupe, ce qui lui donne un statut plus fort qu'une simple réserve.
Ce statut explique la richesse que l'on observe en surface. La pêche y est interdite, le mouillage encadré par des bouées, et la faune marine a pris l'habitude d'un milieu peu dérangé. Pour le nageur équipé d'un masque et d'un tuba, cela veut dire des bancs de poissons qui ne fuient pas, des tortues qui broutent à faible profondeur et des fonds lisibles jusqu'à plusieurs mètres grâce à des eaux claires une grande partie de l'année.
La réserve n'est pas réservée aux plongeurs confirmés. Les tombants les plus spectaculaires se visitent en bouteille (le détail des sites est sur la page consacrée à la plongée dans la réserve Cousteau et ses îlets), mais le haut du récif, entre la surface et cinq mètres, appartient au snorkeling. C'est souvent là que la lumière est la plus belle.
Les meilleurs spots de snorkeling de la réserve
Il n'existe pas un seul site, mais plusieurs zones dont l'intérêt varie selon le niveau de nage et le moyen de transport. Le classement des destinations de snorkeling du monde caribéen place souvent les îlets en tête : la visibilité y dépasse régulièrement quinze mètres par mer calme, et la diversité des espèces est rare pour un site aussi accessible. Voici comment ces zones se comparent.
| Zone | Accès | Ce que l'on y voit | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Bord de la plage de Malendure | À pied, depuis le sable | Herbiers, tortues vertes, poissons de sable | Débutants, familles |
| Pourtour des îlets Pigeon | Bateau, kayak ou palmes | Jardin de corail, gorgones, poissons tropicaux en bancs | Nageurs à l'aise |
| Petite Anse et côte vers Pointe Noire | Voiture, puis mise à l'eau depuis la plage | Roches, éponges, faune plus discrète | Ceux qui fuient la foule |
Le pourtour des îlets reste le cœur de l'activité. La face qui regarde la côte est la plus abritée ; la face tournée vers le large tombe plus vite vers le fond et attire davantage de courant. Les sorties en bateau déposent généralement leurs clients côté abrité, sur les bouées du parc national, ce qui évite d'avoir à choisir soi-même.
Depuis le sable, l'intérêt est différent : moins de corail, mais une forte probabilité de croiser une tortue dans les herbiers. Les gestes à adopter quand elle s'approche sont détaillés sur la page voir une tortue sur la plage de Malendure.
Quelles espèces marines observer avec un masque ?
Le haut du récif concentre une bonne part de la vie de la réserve, parce que la lumière y nourrit les algues et les coraux. Sans descendre, un nageur attentif observe :
- des tortues marines, surtout la tortue verte, qui broute les herbiers près de Malendure, et la tortue imbriquée, plus présente sur le corail des îlets ;
- des poissons tropicaux en bancs : sergents-majors rayés de noir, poissons-chirurgiens bleus, poissons-perroquets qui grattent le corail, poissons-trompettes immobiles à la verticale ;
- des invertébrés : éponges tubulaires, gorgones en éventail, oursins diadèmes dans les creux, parfois une langouste cachée sous une roche ;
- le poisson-lion, espèce invasive arrivée dans la Caraïbe, reconnaissable à ses nageoires en plumes et dont les épines sont venimeuses ; on le regarde de loin.
Plus au large, un barracuda solitaire patrouille parfois sous les nageurs : impressionnant, il reste indifférent tant qu'on ne le suit pas. Le matin, les espèces sont plus actives et la mer souvent plus calme. Une carte plastifiée des poissons de la Caraïbe, vendue dans les centres de plongée et à l'office de tourisme, aide à mettre un nom sur ce que l'on voit. Une ardoise et un crayon, cela évite aussi de tout oublier une fois remonté sur la plage.
Comment se rendre à la réserve Cousteau ?
La plage de Malendure se trouve sur la route côtière qui longe la côte sous le vent, entre Pointe Noire au nord et le bourg de Bouillante au sud. Depuis Pointe-à-Pitre, on passe soit par la route de la Traversée, à travers le parc national, soit par le sud de la Basse-Terre. Un parking borde la plage ; il se remplit vite en haute saison, mieux vaut arriver tôt.
Une fois sur place, trois façons de rejoindre les îlets Pigeon, situés à un peu moins d'un kilomètre du rivage :
- L'excursion en bateau : les prestataires installés sur la plage proposent des sorties snorkeling d'une à deux heures, équipement prêté. C'est la solution la plus simple pour une première fois.
- Le kayak : la traversée prend une vingtaine de minutes à allure tranquille, avec la possibilité d'accrocher le kayak à une bouée et de nager autour des îlets. Le parcours et ses précautions sont décrits sur la page rejoindre les îlets Pigeon en kayak.
- Le bateau à fond de verre : il ne remplace pas la nage, mais certaines sorties prévoient un arrêt où l'on peut se mettre à l'eau, pratique pour un groupe où tout le monde ne nage pas.
Rejoindre les îlets à la nage depuis le rivage est déconseillé : la distance est trompeuse, le chenal est emprunté par les bateaux de plongée et un nageur en surface est presque invisible depuis une embarcation.
Réserver une excursion de snorkeling
La plupart des sorties se réservent directement auprès des clubs et loueurs de Malendure, par téléphone ou en ligne, la veille ou le jour même hors vacances scolaires. En période chargée (Noël, février, avril, juillet-août), réserver quelques jours avant évite de repartir sans place. Certaines offres associent la sortie à une croisière le long de la côte sous le vent, avec observation des dauphins au large. Les tarifs varient selon la durée, la taille du groupe, le prêt de combinaison et la présence d'un guide dans l'eau ; un prix enfant existe presque toujours.
Avant de réserver, quelques questions utiles : le guide se met-il à l'eau avec le groupe ou reste-t-il sur le bateau ? Le gilet de flottaison est-il fourni pour les enfants ? Combien de personnes par sortie ? Une sortie à petit effectif, menée par un guide qui connaît le site, change franchement l'expérience par rapport à un simple dépôt sur bouée.
Certains clubs proposent une randonnée palmée guidée, encadrée par un moniteur qui nage avec le groupe et commente ce qu'il montre. Cette formule convient à ceux qui veulent découvrir les poissons tropicaux sans se soucier de l'itinéraire, et elle rassure les nageurs qui vivent leur première aventure sous-marine. Elle sert aussi de transition vers un baptême de plongée, souvent proposé par la même équipe.
Combien de temps dure une sortie ?
Une excursion en bateau dure en général entre une heure et deux heures trente, dont quarante-cinq minutes à une heure et demie dans l'eau. En autonomie depuis la plage, la durée dépend surtout du froid : malgré une mer entre 26 et 29 °C selon la saison (les moyennes mois par mois sont sur la page température de l'eau en Guadeloupe), on se refroidit au bout d'une heure sans bouger beaucoup. Un shorty ou un t-shirt en lycra allonge nettement le temps passé à observer.
Pour une famille, deux sessions de trente minutes séparées par une pause valent mieux qu'une longue session : l'attention des enfants baisse vite et la fatigue arrive sans prévenir.
Équipement nécessaire : masque, tuba et palmes
Le trio masque, tuba et palmes suffit. Le masque doit plaquer sans la sangle quand on inspire par le nez : c'est le test le plus fiable en magasin. Les masques intégraux (plein visage) sont déconseillés pour un effort prolongé, le renouvellement de l'air y est moins bon qu'avec un tuba classique. Les palmes chaussantes conviennent à la mise à l'eau depuis un bateau ; depuis la plage, des palmes réglables avec chaussons protègent des oursins à l'entrée.
À ajouter : un t-shirt anti-ultraviolet plutôt que de la crème, une bouée de signalisation dès que l'on s'éloigne du bord, et une bouteille d'eau douce. Ces points de sécurité sont développés plus bas.
Excursions pour les familles
La réserve Cousteau se prête bien à une sortie en famille, à condition de choisir le bon point de départ. Avec de jeunes enfants, le bord de Malendure suffit : on a pied, la baignade est surveillée en saison et les tortues viennent souvent près. Dès que l'enfant nage avec aisance et accepte de garder le masque, une excursion en bateau avec gilet de flottaison devient possible ; beaucoup de prestataires acceptent les enfants dès six ou huit ans, à vérifier au moment de réserver.
La règle d'or est de rester groupés, un adulte par enfant dans l'eau, et de fixer avant de partir un signe simple pour dire « je remonte ». Pour les enfants qui veulent ensuite aller plus loin, un baptême en bouteille dans la réserve est la suite logique.
Le corail ne supporte pas le contact
Ce que l'on prend pour une roche est un animal colonial vivant, recouvert d'une fine couche de tissu. Une palme qui frotte, une main qui se pose, un pied qui cherche appui : le contact arrache ce tissu et la zone touchée peut mourir. La règle est donc simple et absolue, on ne touche pas et on ne se met jamais debout sur le fond. Elle protège aussi le nageur, une coupure de corail s'infectant facilement parce qu'elle laisse des fragments et des micro-organismes dans la plaie.
Le geste qui protège le mieux le récif est de garder les palmes près de la surface : battre en position horizontale, sans fléchir les genoux, évite de soulever le sable qui étouffe les coraux.
Une zone réglementée, pas seulement conseillée
Le périmètre protégé autour des îlets encadre le mouillage et interdit la pêche. Nourrir les poissons y est également à proscrire : cela modifie durablement leur comportement et déséquilibre les relations entre espèces. De même, coquillages et fragments de corail mort restent sur place, ils font partie du récif. Les agents du parc national contrôlent la zone et peuvent verbaliser.
La dérive, vrai risque du nageur en surface
Le visage dans l'eau, l'attention absorbée par le fond, on ne perçoit ni le courant ni la distance parcourue. Le réflexe utile consiste à relever la tête toutes les quelques minutes et à repérer un point fixe à terre. Une bouée de signalisation devient nécessaire dès que l'on s'éloigne, car un nageur en surface est presque invisible depuis un bateau. Et l'on ne part pas seul, y compris depuis une plage fréquentée.
Le tissu plutôt que la crème
Un t-shirt anti-ultraviolet couvre le dos, qui est exposé en permanence et impossible à protéger correctement une fois dans l'eau. Il évite aussi de relâcher des filtres solaires dans un milieu fermé, dont certains sont mis en cause dans la fragilisation des coraux. C'est la solution la plus simple, et elle dure toute la journée sans réapplication.
Snorkeling à Bouillante : les doutes avant la mise à l'eau
Faut-il savoir bien nager pour le snorkeling dans la réserve Cousteau ?
Il faut être à l'aise dans l'eau sans avoir pied. Un gilet de flottaison, prêté par les prestataires, compense un niveau de nage moyen ; depuis la plage de Malendure, on peut rester dans la zone où l'on a pied.
Quelle est la meilleure saison pour observer les fonds ?
De décembre à mai, la mer est souvent plus calme et l'eau plus claire. Pendant la saison cyclonique, de juin à novembre, la houle et les pluies troublent parfois l'eau pendant quelques jours.
Peut-on faire du snorkeling sans excursion ?
Oui, depuis la plage de Malendure ou de Petite Anse, avec son propre matériel. Pour le pourtour des îlets Pigeon, un kayak ou une excursion en bateau reste nécessaire.
















